La European Fundraising Association regroupe les plateformes nationales de collecte de fonds d’une quinzaine de pays.
Il ressort de la dernière rencontre annuelle (Paris, 22 & 23/11/2018) qu’après avoir mobilisé jusqu’en mai dernier d’importantes ressources sur la mise en conformité RGPD, les acteurs de la collecte de différents pays européens souhaitent désormais tourner la page et s’intéresser à d’autres thématiques prioritaires.
Il est vrai que, au contraire de la Belgique, la RGPD n’a introduit qu'un nombre limité de changements dans nombre de pays dont la législation nationale en matière de protection des données personnelles était déjà fort exigeante.
C’est ce que nous confirment des fundraisers à l'oeuvre en Suède, Autriche, Allemagne, aux Pays-Bas ainsi qu'en Italie, etc.
De nombreuses nouvelles exigences ont été imposées aux organisations caritatives britanniques, désormais tenues de respecter un Code de conduite ‘RGPD – Collecte de fonds’ relativement détaillé, placé sous l’autorité du Fundraising Regulator.
Quelques plateformes nationales d’acteurs de la collecte finalisent actuellement la formulation de Recommandations, dont les dispositions moins coercitives font l'objet d'une concertation avec l’Autorité nationale en charge de la protection des données personnelles.
C’est le cas en France, où la cellule juridique de France Générosités finalise une série de 'Recommandations' définies en concertation avec la CNIL, ainsi qu’en Autriche.
La Belgique compte un petit nombre d’associations dont la Déclaration de confidentialité maintient explicitement, malgré la RGPD, la possibilité de céder l'exploitation des données des donateurs à des tiers, sauf refus (« opt-out ») exprimé par les personnes concernées.
On sait que cette interprétation particulière est également préconisée par l’agence de fundraising Direct Social Communication.
-> Lire ‘Vente de fichiers de donateurs: on continue ?'
Il ressort de récents contacts pris avec les représentants de différentes plateformes nationales d’acteurs de la collecte – ASSIF (Italie), France Générosités, Fundraising Verband Austria, Goede Doelen Nederland, Institute of Fundraising, Swedish Fundraising Council - qu’un large consensus européen se dégage au contraire en faveur d’une interdiction des cessions de fichiers de donateurs dans le cadre du RGPD, sauf accord explicite (« opt-in ») des usagers concernés.
On notera cependant que France Générosités préconise surtout une interdiction de cession de données personnelles à des agences commerciales actives en fundraising.
Les associations caritatives autrichiennes étaient soumises, avant l'introduction de la RGPD, à une législation qui interdisait toute cession directe de fichiers entre organisations d’intérêt général, sauf si cette pratique était organisée par l'intermédiaire d'un partenaire commercial.
Les autorités autrichiennes ne se sont pas encore prononcées sur de nouvelles 'Recommandations RGPD' relatives aux activités de collecte de fonds.
Faut-il craindre que les acteurs de la collecte belges, français ou britanniques soient tôt ou tard confrontés à des dispositions qui varieront d'un pays à l'autre, selon qu'elles soient liées au 'Code de conduite' britannique précis et coercitif, ou aux ‘Recommandations’ pour partie divergentes édictées sous forme de 'soft law' dans tel ou tel pays, avec l'approbation de l'autorité de tutelle ?
Il semble dès à présent que différentes règles pratiques - tel le délai de conservation des données privées émanant des donateurs, et le cas échéant de testataires potentiels - donnent lieu à des recommandations qui varient d'un pays à l'autre.
On a peine à comprendre qu’une même réglementation européenne puisse ainsi se décliner dans un second temps au travers de dispositions concrètes qui varient sensiblement de pays en pays, avec l’assentiment d’Autorités nationales qui siègent pourtant toutes dans un même groupe de travail européen.
Le Congrès que l'AERF (Association pour une Ethique en Récolte de Fonds) consacrera ce jeudi 29/11 à la thématique RGPD permettra sans nul doute de clarifier certaines questions.
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Paris, 11 octobre 2018 - iRaiser Group, leader européen de logiciels de collecte en ligne entièrement dédié aux organismes à but non lucratif, annonce aujourd’hui l’acquisition d’Ifunds Belgium, un fournisseur de la solution CRM 'Espadon' pour les associations.
Ifunds Belgium est basé à Bruxelles et opère sur les marchés en Belgique, en France, au Luxembourg et en Suisse.
Aujourd’hui, les organisations caritatives font face à de nombreux défis car elles doivent exploiter des données issues de plusieurs canaux et de différents prestataires (email, téléphone, street-marketing, téléphone portable, donations en ligne, pages personnelles de collecte peer-to-peer, crowdfunding, programmes de dons matching gift ).
Ainsi, les organisations ont besoin d’avoir une vue globale et exhaustive de leurs contacts, interactions et transactions.
Antoine Martel, Co-fondateur et Directeur Général d’iRaiser, a déclaré : « Je suis heureux de voir Ifunds Belgium rejoindre iRaiser Group. Ifunds Belgium nous apportera son expérience unique du CRM et du marché européen des organismes à but non lucratif. iRaiser Group, quant à lui, offrira aux clients d’Ifunds Belgium ses ressources, son expertise en collecte de fonds en ligne et ses solutions uniques : pages personnelles de collecte peer-to-peer, crowdfunding, paiement, pétition, prehome et landing pages, marketing automation ».
« Offrir aux clients une plateforme digitale “tout-en-un” comprenant à la fois le CRM et des solutions de collecte en ligne était mon souhait depuis longtemps. Avec iRaiser cela est devenu possible », a commenté Didier Neef, Directeur Général d’Ifunds Belgium.
Ifunds Belgium opérera sous le nom d’iRaiser Belgium.
Didier Neef restera son Directeur Général Belgique et Brahim Mazoul son Directeur de Clientèle.
iRaiser est le leader européen de logiciels SaaS ( “ Software as a Service” ) de collecte en ligne entièrement dédié aux organismes à but non lucratif, dont des associations, universités, musées, écoles, partis politiques, hôpitaux, municipalités et institutions religieuses. iRaiser offre à ses clients une plateforme de collecte digitale incluant fundraising événementiel, pages personnelles de collecte peer-to-peer, crowdfunding, paiement, pétitions, marketing automation et CRM.iRaiser accompagne les organisations caritatives dans 9 pays et dans 10 langues. Depuis 2012, iRaiser a aidé ses clients à lever plus de 500 millions d’euros ce qui rend iRaiser le leader de fundraising en Europe. iRaiser a des bureaux en Belgique, France, Italie, aux Pays-Bas et continue son expansion dans toute l’Europe.
Ifunds Belgium, fondé en 1994, est un éditeur de logiciel CRM pour des organismes à but non lucratif.
Ifunds Belgium opère en Belgique, France, au Luxembourg et en Suisse.
Source:
Communiqué de presse iRaiser Group
L'évolution future du logiciel Espadon a fait l'objet d'une présentation par Didier Neef et Antoine Martel, à l'occasion de la dernière rencontre du Fundraisers Forum (08/11/2018).
La nouvelle version est actuellement en développement au départ du progiciel open-source de gestion intégrée Odoo, de conception belge.
Elle intègrera les fonctionnalités en gestion de dons dans une configuration CRM disponible en version cloud.
25/10/2018 - Le Consortium 12-12 avait lancé début octobre une campagne nationale de collecte de fonds intitulée 'Indonésie 12-12'.
-> Lire: 'Indonesië: het consortium 12-12 lanceert een fondsenwervingscampagne'
Cette campagne n'a en définitive guère bénéficié d'une forte couverture médiatique.
Il est probable que les principaux groupes de presse, ainsi que les chaines télévisées, aient hésité à mobiliser des ressources importantes sur un drame humanitaire qui risquait de passer rapidement au second plan d'une actualité fort chargée.
De fait, l'actualité nationale des dernières semaines a notamment été marquée par les élections communales, par l'opération Cap 48 qui mobilisait l'effort de générosité du personnel et des auditeurs de la RTBf, ainsi que par la situation tragique des populations du Yemen.
Ce contexte n'offrait que peu d'opportunités pour le lancement d'une Journée nationale de solidarité, qui aurait gagné à être couplée à une soirée télévisée spécifiquement dédiée à ce drame humanitaire.
Il n'est donc pas anodin que le total des contributions reçues le 19 octobre dernier s'évève malgré tout à 3 millions d'euros.
Les derniers résultats de la campagne de la plateforme néerlandaise Giro 555 font état d'un montant de 11,2 millions d'euros.
Au Royaume-Uni le DEC (Disaster Emergency Committee) fait état d'un montant de 17 millions de £ en date du 18 octobre dernier.
-> Liste des articles classés sous Archives 2013-2018 - Appels d'urgence (Belgique)
MSF bénéficient de recettes annuelles issues des dons et legs pour un montant total d'environ 45 millions d'euros par an.
Les rentrées financières globales de l'organisation ne sont pas inférieures à ce qui avait été récolté en 2017, mais elles connaissent un tassement significatif au niveau des contributions issues de la générosité publique.
Interrogé dans le Contact Magazine de Médecins sans Frontières (octobre 2018), Sergio Cecchini, directeur du département Communication et Fundraising de MSF-OCB, reconnait que la collecte de fonds de l'organisation est confrontée à de nouveaux défis.
Plusieurs facteurs contribuent à fragiliser l'avenir de la levée de fonds de MSF-Belgique ainsi que des autres organisations nationales membres de l'entité MSF-OCB.
Médecins sans Frontières refuse depuis 2016 de recourir aux subsides institutionnels de l'Union Européenne (Fonds ECHO), du fait des mesures prises par cette instance dans le but de bloquer le flux de réfugiés.
Sergio Cecchini rappelle que revenir sur cette décision équivaudrait à compromettre les principes et les valeurs de l'organisation à cause des préoccupations financières momentanées de son organisation.
Le directeur Communication et Fundraising est conscient de ce que MSF a intérêt à explorer de nouvelles modalités de collecte de fonds.
Il ne pourrait cependant être question de s'aligner sur les acteurs de la collecte qui privilégient le recours à des appels au don à tonalité alarmiste, voire "agressive".
De nouvelles formes d'interaction avec le public devront être explorées, par exemple en s'inspirant de solutions innovantes au départ de plateformes en ligne, ou des nouvelles modalités de don lancées par Facebook.
Sergio Cecchini évoque également la possibilité d'associer plus étroitement les donateurs à des projets spécifiques.
-> Liste des articles classés sous Archives 2013-2018 - Appels d'urgence (Belgique)
15/10/2018 - Comment faire un maximum de bien avec l'argent, l'énergie, les talents dont nous disposons ?
Telle est la question centrale de l'altruisme efficace.
Le livre 'L'Altruisme efficace' de Peter Singer est à présent disponible en version française, à l'initiative des éditions Les Arènes.
Il avait connu un grand succès lors de sa publication en 2015 aux Etats-Unis, sous le titre original: 'The Most Good You Can Do. How Efdfective Altruism is Changing Ideas About Living Ethically'.
Les fundraisers actifs sur le marché belge ont intérêt à ne pas ignorer l'argumentaire proposé par Peter Singer, dès lors que cette personnalité suscite incontestablement des émules sur le continent européen, et notamment en Belgique.
Ainsi le réseau Effectief Altruïsm Vlaanderen développe-t-il dès à présent différentes actions de sensibilisation dans le Nord du pays, au départ du concept: 'Beter worden in goed doen'.
Ce mouvement s'inspire principalement des idées propagées par Willam MacAskill, auteur de l'ouvrage 'Doing Good Better'.
La France comprend également une organisation comparable quant à la vision et les objectifs poursuivis, dénommée Altruisme Efficace France.
L'association française précise volontiers que l’altruisme efficace n’implique pas d’ignorer la compassion, bien au contraire: "La compassion est justement la raison pour laquelle nous ne voulons pas nous contenter de faire du bien mais que nous cherchons plutôt à faire le plus de bien possible."
L'ouvrage de Peter Singer propose d'emblée une définition précise de l'altruisme efficace qui vise à "utiliser une démarche scientifique pour trouver les moyens les plus efficaces de rendre le monde meilleur".
L'auteur donne divers exemples de donateurs américains qui se renseignent pour découvrir les associations les plus efficaces, ou qui tentent de s'appuyer sur les recherches effectuées par des évaluateurs indépendants.
C'est sait que certains projets humanitaires - telle la distribution de moustiquaires afin de lutter contre la paludisme - estiment être en mesure d'évaluer avec une relative précision l'impact des dons en termes de nombre de vies sauvées.
L'ouvrage cite nombre d'institutions américaines qui ambitionnent d'orienter la générosité des donateurs vers des associations ou des projets concrets dont la transparence ou l'efficacité semble avérée.
Citons notamment: Innovations for Poverty Action, Give Well, Giving What We Can, The Life You Can Save, Animal Charity Evaluators, 80,000 Hours, GiveDirectly, Charity Navigator.
Peter Singer convient toutefois de ce que beaucoup de donateurs ne souhaitent pas entrer dans ce type d'analyse comparée des diverse causes et organisations caritatives.
A l'évidence, une majorité de contributeurs préfèrent verser de petites contributions à diverses organisations, se contentant d'éprouver chaque fois le simple plaisir de donner (warm-glow giving).
"Vaut-il mieux dépenser 100 000 dollars pour empêcher la cécité, ou pour nourrir les affamés ?"
Plusieurs chapitres abordent la question du choix, par le donateur, des critères sur base desquels il pourra identifier ses préférences: donner local ou global, sélection d'une catégorie de bénéficiaires - les enfants,... - qu'il souhaite privilégier, etc.
L'auteur présente les avantages et limites de plusieurs indicateurs de mesure qui permettent d'objectiver l'impact social des dons affectés à tel ou tel projet humantaire ou social.
C'est ainsi que l'indicateur DALY (Disability Adjusted Life Years) préconisé par l'O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé) permet d'objectiver l'impact de la lutte contre diverses maladies et handicaps, telle la cécité.
Le courant de pensée dont se réclament Peter Singer et ceux qu'il inspire rejoint dès à présent les préoccupations d'un petit de donateurs et de philanthropes - notamment en Belgique - qui désirent disposer d'informations crédibles concernant l'impact des contributions significatives qu'ils investissent dans tel ou tel projet d'intérêt général.
C'est dans ce contexte qu'on note par ailleurs, également au niveau belge,
Sources:
Peter Singer - 'L'Altruisme efficace'
Editions les Arères (268 pages) - 19,90 € (ISBN 978-2-35204-921-0)