Le Baromètre de la Générosité 2015, publié à l’initiative du Fundraisers Forum, propose une estimation de l’évolution des dons et legs en faveur des causes à finalité humanitaire ou sociale.

Echantillon
Les données disponibles mi-décembre 2016 se réfèrent à l’année comptable 2015.
Elles ont pu être collectées grâce notamment à l'effort de transparence financière des associations membres de l'AERF, et d'organisations dont les comptes annuels relativement détaillés sont publiés sur le site Donorinfo.

L'estimation a été calculée sur base d’un échantillon de 273 associations, qui ont collecté 376 millions d'euros en 2015.
Cet échantillon comprend la plupart des grands acteurs de la collecte qui font surtout appel à la générosité de particuliers.
Il ne prend guère en compte certaines catégories d'institutions, notamment dans le secteur des arts et de la culture, qui mobilisent davantage le mécénat d'entreprises.
L'évolution de la générosité est évaluée au départ des contributions issues des dons et legs.
Elle n'inclut dès lors ni les recettes issues de campagnes de vente (Iles de Paix, 11.11.11., Action Damien ...), ni le produit des nombreux galas, défis sportifs et autres événements caritatifs.

Augmentation globale de 4%
On constate une augmentation globale de 4% de la générosité sur l’année 2015, tant au niveau des dons que des legs.
Près de 6 associations sur 10 ont bénéficié de cette hausse, fut-elle légère.

Belles performances des grands acteurs de la collecte
Quelque 58 grands acteurs de la collecte (plus d’1 million d’euros par an), ont levé au total 241 millions d’euros en dons (+6%) et 102 millions d’euros en legs (+7%) , soit 17 millions de plus que l’année précédente.
Cette augmentation est d’autant plus significative que l’année 2015 n’avait pas donné lieu à une mobilisation exceptionnelle des donateurs, au contraire de l'année 2014, marquée par la crise ‘Ebola’.
Les estimations des trois dernières années confirment l'incontestable croissance de la générosité au profit des grands opérateurs de la collecte.

Petites et moyennes associations, une fois encore à la peine
Le second segment de l'échantillon analysé dans le cadre du présent Baromètre comprend deux cent quinze petites et moyennes organisations dont le total des dons et legs est inférieur à 1 million d'euros).
Elles ont collecté 28 millions de dons (+ 0,5%) et 6 millions de legs (-20%), soit une diminution globale de 5% des recettes issues de la générosité publique.
On aurait tort de tirer des conclusions trop hâtives de la diminution des legs en 2015, car le segment des petites et moyennes associations subit régulièrement de fortes fluctuations causées par la perception irrégulière de legs.

L'évolution des trois dernières années illustre toutefois la fragilité persistante de la collecte des petites associations.
Le récent rapport 'La Générosité des Français (2015)' du collectif Recherches & Solidarités parvenait au même constat concernant les petites associations françaises.

On sait que ces petites structures sont handicapées par leur faible notoriété.
Elles peinent par ailleurs à professionnaliser leur collecte de fonds, et notamment à utiliser certaines techniques de sollicitation performantes, bien que coûteuses : mailings de prospection, programmes de fidélisation par ordre permanent, équipes de recruteurs sur la voie publique, sollicitations au travers d’appels téléphoniques, plateformes de dons en ligne.

Legs (+ 5%): 30 organisations ont collecté 100 millions d'euros
On l'a dit, l’irrégularité des recettes issues des legs cause parfois d’importantes fluctuations au niveau des ressources de certaines associations.
Cela se vérifie notamment au niveau des deux tableaux 'TOP 30 FR' et 'TOP 30 NL' figurant les 30 principaux acteurs de la collecte de chaque communauté linguistique.

L’augmentation significative des legs en faveur de causes d’intérêt général s’est prolongée durant l’année 2015 (+5%).
Elle s’inscrit dans une tendance également observée dans d'autres pays européens, notamment du fait de facteurs démographiques: une population vieillissante, qui comprend désormais une proportion croissante de 'babyboomers' potentiellement généreux, et un pourcentage accru de ménages sans enfants.
Le recours de plus en plus fréquent au "legs en duo" a également boosté le nombre de legs en faveur de causes associatives.

Mais l'augmentation des recettes issues des legs profite depuis plusieurs années, et notamment en 2015, presqu’exclusivement aux structures qui collectent déjà par ailleurs des montant importants en dons.
La toute grande majorité des legs est attribuée à des organisations qui disposent d'un important vivier de donateurs devenus âgés. Ces structures bénéficient en outre d’une forte notoriété ainsi que, dans certains cas, de la sensibilité du public vis-à-vis de causes particulièrement populaires: cancer, aveugles et malvoyants, enfance, refuges pour animaux, etc. 

Ainsi, sur les 274 associations prises en compte dans notre Baromètre 2015, le TOP 30 sur base des legs comprend des organisations qui ont collecté ensemble 99,7 millions d'euros issus de legs.
Le TOP 10 de ce classement comprend pas moins de sept structures impliquées dans la thématique 'Santé': Fondation contre le Cancer, Kom op tegen Kanker, MSF, FNRS-Télévie, Action Damien, La Lumière, etc.
Les 244 organisations de taille moyenne ou modeste (moins d'un million de recettes issues de dons) n'ont collecté que 6 millions d'euros au départ de legs.

Secteurs privilégiés
La solidarité internationale vient toujours en tête des préoccupations des donateurs, avec une forte mobilisation en faveur d'une dizaine de grandes ONG (Unicef, Plan, ...) et en particulier pour des intervenants actifs dans le domaine de la santé : MSF, Action Damien, Médecins du Monde, Memisa.
La solidarité de proximité recueille près de 40% des dons et legs. Ces contributions bénéficient principalement à d'importantes initiatives dans le domaine de la santé (Fondation contre le Cancer, Kom op tegen Kanker) et du handicap, où quelques grands opérateurs - Cap 48, Ligue Braille, La Lumière - cotoient nombre de petites structures.
La lutte contre la pauvreté et l’aide à la jeunesse en difficulté mobilisent moins facilement la générosité des belges. Citons, parmi les principaux intervenants: Croix-Rouge et Rode Kruis (également engagés dans d'autres domaines), ainsi que les Banques Alimentaires.
L'enseignement supérieur et la recherche compte quelques structures très actives: FNRS-Télévie, Fondation Louvain, Leuvens Universiteitsfonds.
Les arts et la conservation du patrimoine, secteurs fortement soutenus par les donateurs de divers pays anglo-saxons, ne mobilisent guère la générosité des belges.

Et en Flandre ?
Les ’20 kms de Bruxelles’ et nombre d’autres défis sportifs drainent un public plus jeune que la moyenne des donateurs traditionnels. De nombreux participants sollicitent à cette occasion le parrainage de leurs amis en vue de soutenir une cause humanitaire ou sociale.
Ces diverses formules de type "charity-run" sont particulièrement populaires dans le Nord du pays, par exemple dans le cadre des ‘1.000 kms tegen kanker’ (Kom op tegen Kanker) un défi sportif qui permis de lever près de 3 millions d’euros en 2015.

Music for Life’ (Studio Brussel), un événement radio pour partie similaire à Viva for Life (RTBf), a collecté 5,1 millions d’euros en décembre 2015.
VTM a par ailleurs lancé avec succès, fin 2015, une première opération 'Rode Neuzen' largement inspirée par le format de collecte anglo-saxon 'Comic relief'.
La collecte de fonds néerlandophone parvient ainsi, peut-être davantage que dans la partie francophone du pays, à conquérir un public plus jeune, sollicité au départ de campagnes de solidarité à forte tonalité festive.

 

 

 

 

 

Comparaisons internationales: France, Pays-Bas
L'augmentation globale de 4% des dons et legs qui ressort de ce Baromètre ne reflète qu'une prudente estimation établie au départ d'un échantillon partiel, bien que comprenant une grande majorité des grands acteurs de la collecte.

Les conclusions d'études statistiques de pays voisins ne sont que pour partie comparables.

En France le récent rapport que le consortium Recherches et Solidarités a consacré à 'La générosité des Français (2015)' fait également état d'une augmentation de 4% des recettes issues de la générosité.

Aux Pays-Bas la plateforme néerlandaise Goede Doelen a produit une estimation de la collecte de fonds de ses membres, intitulé 'Feiten en cijfers Goede Doelen 2015'.
Le rapport néerlandais fait état d'une hausse moyenne de 7,1% des recettes issues de la générosité publique, qui avantage surtout les grandes structures (+ 8,1%).
Mais la collecte des petites associations néerlandaises y enregistre par contre une diminution, comme ce fut cas durant l'année 2015 en France et en Belgique (Pays-Bas - figure ci-contre).

Baromètre de la Générosité publique: suite
La présentation succincte de quelques tendances significatives issues de l'édition 2015 du Baromètre de la Générosité publique sera complétée dans les mois prochains par diverses analyses complémentaires. 

Pour plus d'infos
concernant le Baromètre de la Générosité: 
Fundraisers Forum - asbl Give Wisely 
info<at>fundraisers.be
0474 32 93 60

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