Peut-on parler d’entreprises philanthropiques ? Sur base de quels critères pertinents pourrait-on les classer ? Qu’entend-on par philanthropie stratégique ?
Ces questions figuraient au cœur de la réflexion proposée par Virginie Xhauflair (Chaire Baillet Latour en Philanthropie et Investissement Social) et Anne-Catherine Chevalier (Fondation Roi Baudouin), le vendredi 23 octobre dans le cadre des rencontres du forum Liège Créative.

L’exposé se proposait de cerner les formes les plus courantes d’engagement sociétal en usage dans le monde des entreprises.
Les deux intervenantes rejetèrent d’emblée l’idée d’une classification en compartiments étanches. Les pratiques philanthropique recensées semblent en effet s’inscrire dans un continuum, bien que certaines entreprises organisent leur mécénat sur base de conceptions relativement opposées.

Philanthropie distincte ou intégrée au core-business ?

Le libéralisme traditionnel, enseigné par Milton Friedman et revendiqué par ses élèves, postule en quelque sorte que l’entreprise a pour seule mission de maximiser ses profits, dans l’intérêt de ses actionnaires.
Ce point de vue explique pourquoi de célèbres entrepreneurs – tels Ford et Carnegie – ont à l’époque choisi de loger leur action philanthropique dans des fondations indépendantes de leur entreprise.
La vision contemporaine, défendue par nombre d’entrepreneurs, prend davantage en compte le rôle de l’entreprise tant que composante de la société globale. Le mécénat fait partie de son business. L’entreprise a vocation à prendre en compte ses externalités, et à participer aux logiques transformatrices visant à créer un monde meilleur.
Cette approche ne contredit pas complètement le postulat de Friedman , car l’entreprise contemporaine s’investit dans des actions transformatrices qui sont créatrices de valeur pour le commun des mortels ainsi pour ses propres intérêts.
Virginie Xhauflair et de Anne-Catherine Chevalier se sont exercées à formuler l’amorce d’une typologie des principales formes d’engagement des entreprises en matière de philanthropie.
Le classement propose un regroupement autour de cinq approches.

Charity

Cette première catégorie regroupe les nombreuses formes de soutien d’entreprises soucieuses de faire plaisir aux communautés locales, dans le cadre de coups de pouce sans lien direct avec leur ‘core business’ : soutien financier dans le cadre de bals, concerts à finalité philanthropique, etc.

Adaptative philanthropy

L’entreprise manifeste une réelle volonté de mise à disposition de ses compétences au service de la société. Le personnel est invité à s’impliquer, cet effort s’avérant également payant en termes d’image interne.

Corporate philanthropy

Certaines formes de mécénat – tel les Awards de BNP Paribas Fortis - sont plus explicitement liées à une volonté d’amélioration de l’image de l’entreprise, aux yeux du public ou du personnel.
S’il y a mise à disposition de compétences, ce sera dans une volonté de valorisation de l’expertise spécifique de l’entreprise.

Philanthropie stratégique

Certaines entreprises orientent leur mécénat sur des réponses à apporter à un besoin sociétal qui relève de leur domaine de compétences et qui correspond à leurs valeurs. Virginie Xhauflair parle dans ce cas de ‘philanthropie stratégique’, dans la mesure où ces actions produisent un impact positif sur la cause bénéficiaire mais renforcent par ailleurs la performance globale de l’entreprise. Il y a un retour pour l’entreprise dans son cœur de métier.
Les exemples d’entreprises belges pratiquant la philanthropie stratégique recoupe pour partie la liste des lauréats du Prix ‘Corporate Social Responsaibility’, décerné à l’initiative de Business & Society et de Kauri (fusionnés depuis peu sous la dénomination The Shift).

Pour plus d’infos:
-> Chaire Baillet-Latour en Philanthropie et Investissement Social (Université de Liège).

 

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